Opinion | Assurance : la révolution passe par la maîtrise de la donnée

Opinion | Assurance : la révolution passe par la maîtrise de la donnée

Opinion | Assurance : la révolution passe par la maîtrise de la donnée

Par Vincent Daffourd (Vice-Président Communication et Marketing chez Apidata)

Le monde de l’assurance est resté à l’écart des innovations de rupture qu’a connues la majorité des grands secteurs économiques, avec la disruption massive des modèles relationnels issus de la digitalisation. Pourtant, entre expertise et nouveau paysage issu de l’IA, le monde assurantiel pourrait sans doute changer d’époque, en misant sur la maîtrise de la donnée.

L’assurance : une révolution de retard ?

Immédiateté, raccourcissement des circuits de distribution, utilisation temps réel de la data, disparition de la valeur ajoutée « intermédiaire » au profit d’interfaces rendues conviviales par l’archivage des données clients et leur prédictivité… Autant de ruptures qui, pour des raisons diverses, n’ont pas encore ébranlé l’équilibre installé entre assureurs, pouvoirs publics et assurés dans un domaine où la régulation est encore le vent dominant.

La dernière « rupture » sur ce marché date de l’émergence de la banque assurance et de l’irruption de nouveaux acteurs sur un marché où les marges étaient encore attirantes, c’est-à-dire il y a déjà fort longtemps ! Même la crise financière de 2008 n’a eu que peu d’impact sur cette activité, ce qui démontre la robustesse du modèle. Cela tient vraisemblablement par une osmose puissante entre la complexité historique du modèle français de la protection sociale et son ancrage très fort dans la culture française.

Le syndrome de l’assureur assiégé

Cerné par un environnement en mutation et une réglementation agressive, le monde de l’assurance résiste sans vision claire des voies de « sortie par le haut ».

Internet et l’évolution des réglementations sont venus rappeler qu’aujourd’hui il ne suffisait plus de faire référence à une réglementation protectrice, une appartenance communautaire ou idéologique pour conserver les places acquises (mutualité, fonctionnaire…) et que les réseaux physiques si difficilement et si chèrement acquis pouvaient aisément être virtualisés. Frappé du syndrome des assiégés, le monde de l’assurance compte ses réserves et regarde ses munitions chèrement acquises au lieu de préparer un plan de sortie agressif à la mesure du nouveau monde qui entoure sa forteresse !

L’assurance de personnes en France est un des rares modèles de survivance économique et organisationnelle basée sur une telle volonté de maintien des valeurs acquises que la seule façon de pouvoir ou de vouloir envisager l’avenir consiste à développer des stratégies opportunistes de déploiement ou d’investissement sur des services clients « gratuits » ou difficilement monétisables.

Les compagnies tour à tour créent des fonds d’investissement dédiés à l’innovation (digital, Big data, intelligence artificielle…), auprès d’un nombre important de sociétés, très jeunes, des start-ups, dans l’objectif d’être présent sur un marché disruptif dans le tertiaire, comme l’a été le marché du smartphone, ou des écrans plats.

En revanche, personne n’est aujourd’hui capable d’exprimer un moindre chiffre ou taux de ROI, car aucun des services ou applications numériques cibles n’est à ce jour réellement massivement transformable et donc accessible par un tarif ou une cotisation clairement défini… lire la suite

source : Les Echos