L’assurance santé à l’heure de l’innovation

L’assurance santé à l’heure de l’innovation

Vincent Daffourd Choiseul magazine

L’assurance santé à l’heure de l’innovation

Vincent Daffourd est Vice-président d’Apidata, start-up technologique spécialisée dans la data quality pour le secteur de l’assurance. Il a fondé de nombreuses start-up dont Care Labs (qu’il a quitté en 2018). Il s’investit également en tant que business angel et accompagne les start-up spécialisées dans la healthtech, fintech et insurtech.
Vincent Daffourd est lauréat du Choiseul 100.

L’assurance avait réussi à échapper aux différentes innovations de rupture qui ont impacté ces dernières années les autres secteurs économiques. Ces changements ont donné naissance à de nouveaux usages, de nouveaux profils de consommateurs, de nouvelles offres de service, de nouveaux circuits de distribution…
Les acteurs historiques, pour conserver leur position, cherchent à faire évoluer leur modèle tout en faisant face à l’apparition de nouveaux entrants (start-up, GAFA…) venant les challenger sur leur marché. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication bousculent le monde de l’assurance en générant une croissance exponentielle des flux d’informations échangés. La maîtrise de la donnée devient un enjeu stratégique du secteur qui doit se réinventer avec les impératifs de gestion et les évolutions règlementaires successives, tout en composant avec un besoin d’agilité et prenant en compte l’arrivée de l’intelligence artificielle, de l’analyse sémantique, du big data…
La complexité du marché associéeL’assurance avait réussi à échapper aux différentes innovations de rupture qui ont impacté ces dernières années les autres secteurs économiques. Ces changements ont donné naissance à de nouveaux usages, de nouveaux profils de consommateurs, de nouvelles offres de service, de nouveaux circuits de distribution…
Les acteurs historiques, pour conserver leur position, cherchent à faire évoluer leur modèle tout en faisant face à l’apparition de nouveaux entrants (start-up, GAFA…) venant les challenger sur leur marché. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication bousculent le monde de l’assurance en générant une croissance exponentielle des flux d’informations échangés. La maîtrise de la donnée devient un enjeu stratégique du secteur qui doit se réinventer avec les impératifs de gestion et les évolutions règlementaires successives, tout en composant avec un besoin d’agilité et prenant en compte l’arrivée de l’intelligence artificielle, de l’analyse sémantique, du big data…
La complexité du marché associée à la multiplicité des acteurs intervenant pour assurer son bon fonctionnement (assureurs, réassureurs, courtiers, gestionnaires, opérateurs de tiers payant, réseaux de soins…) et à l’hétérogénéité des données échangées, sont les principales raisons de sa « sous-digitalisation ». J’en veux pour preuve l’hérésie presque anachronique que représente en 2019 l’indétrônable carte de tiers payant (communément appelée « carte mutuelle »), toujours en papier à demi cartonné, bien rangée au fond de nos portefeuilles respectifs !
Des innovations à tous les étages
Nous vivons depuis quelques années une véritable libération créative de la part des acteurs de l’innovation dans le secteur de l’assurance et de l’accès aux soins.
Les entrepreneurs sont plus aisément et davantage financés, encouragés par les politiques, et ont acquis un certain niveau de maturité. L’usage est même déjà au rendez-vous pour quelques offres disruptives faisant désormais parti du paysage français.
Je pense à Doctolib qui a révolutionné notre façon de prendre un rendez-vous médical et qui a levé une importante barrière à l’accès aux soins. Je pense également à Alan qui place l’expérience utilisateur au coeur de sa stratégie, en optant pour une digitalisation et une simplification maximale de son offre, disruptant ainsi l’approche des assureurs historiques. De son côté, Otherwize a lancé une offre santé collaborative et équitable full digital, bousculant ainsi les business modèles des mutuelles pour les particuliers. D’autres start-up s’appuient sur la technologie pour solutionner une des vives douleurs du secteur. C’est le cas par exemple de Shift Technology qui a conçu un algorithme d’intelligence artificielle permettant de détecter les fraudes à l’assurance, se rémunérant proportionnellement à l’économie réalisée pour le compte de l’assureur.
En parallèle, les innovations de pointe, comme la cabine de téléconsultation « Consult Station » de H4D, apportent une réponse technologique à une problématique sociétale majeure que sont les déserts médicaux et l’accès aux soins pour tous. Imaginez le résultat d’une coopération entre ces acteurs !
Certains assureurs l’ont bien compris et appréhendent sérieusement le sujet. C’est notamment le cas d’Aviva qui s’associe à Amazon pour proposer un nouveau mode distribution et de paiement. Les investisseurs ont également bien appréhendé la révolution en cours et ont investi près de deux milliards d’euros dans les start-up de l’insurtech (au niveau mondial) sur la seule année 2017 (étude kleinblue 2018).
Innovation & data quality : un couple indissociable
Pour rester dans la course à l’innovation et réussir leur transformation, les assureurs doivent avant tout optimiser leur organisation autour de leur coeur de métier : la maitrise du risque. Il parait utopique de se concentrer sur les métiers de demain sans valider ce préalable.
Maitriser son risque, c’est avant tout le connaitre. Pour cela, l’assureur doit disposer de l’ensemble de ses données (populations, portefeuilles, contrats, cotisations, prestations primes, sinistres…). Pour un secteur qui délègue majoritairement sa gestion, sa distribution et la construction de ses offres, ce préalable n’est pas une évidence. Lire la suite

source : CHOISEUL MAGAZINE